Les géants des paiements vont mieux tracer les ventes d’armes à feu

Les géants des paiements Visa, Mastercard et American Express vont, sous la pression des procureurs généraux de Californie et de New York, mettre en place un nouveau code marchand pour améliorer le suivi des achats et ventes d’armes à feu aux États-Unis.

Une catégorie marchande distincte pour les armes à feu

La décision de Visa, Mastercard et American Express était attendue par le procureur général de Californie, Rob Bonta, le procureur général de New York, Letitia James, ainsi que divers acteurs militant en faveur d’un meilleur contrôle des ventes d’armes à feu, comme la banque américaine Amalgamated ou encore le fonds de pension des enseignants de Californie.

La semaine dernière, l'Organisation internationale pour la standardisation, en charge de l’établissement des normes de paiement, a acté la création d’un nouveau code ISO permettant de faire des armes à feu une catégorie marchande distincte.

Jusqu’ici, les magasins d’armes aux États-Unis ne pouvaient pas être spécifiquement identifiés par les géants des paiements, car ils appartenaient à une vaste catégorie de vendeurs spécialisés. Désormais, chaque vente effectuée dans l’un de ces magasins, qu’il s’agisse d’armes ou de munitions, pourra être identifiée comme telle.

 

Une décision controversée

Cette décision, saluée notamment par des élus démocrates qui y voient un moyen supplémentaire pour lutter contre les tueries de masse, est vivement contestée par certains défenseurs et lobbyistes des armes à feu.

Selon ces derniers, la création d’une catégorie marchande distincte pour les armes à feu menace « un droit constitutionnel fondamental », comme le clame le porte-parole de la National Rifle Association, Lars Dalseide.

D’après lui, « laisser sous-entendre que les achats d'armes à feu sont suspects démontre un parti pris évident de ces procureurs généraux », rapporte le média Siècle Digital.

 

 

Par ailleurs, les défenseurs des droits des armes à feu pointent de potentielles erreurs d’appréciation. Le code marchand n’indiquant pas précisément le type d’article acheté, mais seulement la catégorie de commerçant, il existe un risque que certains achats fassent, à tort, l’objet d’une surveillance accrue. Ils citent notamment l’exemple d’un achat de coffre-fort pour armes, dont le prix élevé pourra attirer l’attention des géants des paiements alors même qu’il ne s’agit pas d’une arme.

De leur côté, les défenseurs du contrôle des armes à feu approuvent la création de ce code marchand spécifique. Certes, le système est imparfait et ne permet pas de connaître précisément la nature de l’achat effectué chez un armurier, mais il s’agit selon eux d’un pas de plus dans la lutte contre les fusillades de masse et la violence armée.

« Lorsque vous achetez un billet d’avion ou payez vos courses, votre compagnie de carte de crédit a un code spécial pour ces détaillants. C’est juste du bon sens que nous ayons les mêmes politiques en place pour les magasins d’armes et de munitions », a ainsi déclaré Eric Adams, le maire de New York, comme le rapporte le média Crumpe.

 

 

Reste à savoir comment les différentes institutions financières traiteront ce nouveau code marchand, et dans quels cas Visa, Mastercard et American Express seront amenés à signaler certaines transactions aux autorités.