La Banque de France souhaite accélérer le recours au virement instantané

En 4 ans, le nombre de virements instantanés a beaucoup augmenté, mais ces derniers ne représentent toutefois qu’un faible pourcentage des virements effectués en France. La Banque de France souhaite promouvoir ce service, qui permet de virer de l’argent en moins de 10 secondes 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

Virement instantané : la France moins avancée que le reste de l’Europe

Lancé en 2018 en France, le service de virement instantané ne rencontre pas le succès attendu. D’après les récents chiffres du Comité national des paiements scripturaux (CNPS), l’instance nationale de gouvernance des paiements présidée par la Banque de France, les virements instantanés ne représentent que 3 % de l’ensemble des virements en France.

Le montant moyen d’un virement instantané est de 530 euros, alors que celui d’un virement SEPA classique s’élève à 1 780 euros. En Europe, la part du virement instantané dans le total des virements grimpe à 10 %. Selon Julien Lasalle, secrétaire du CNPS, ce « petit retard » est en partie lié à une méconnaissance du service, qui souffre d’un « déficit de notoriété ».

Malgré tout, le virement instantané est en progression, même si les autorités financières jugent l’évolution insuffisante. Au 1er trimestre 2022, 52 % de virements instantanés supplémentaires ont été effectués par rapport au 1er trimestre 2021, trimestre qui avait déjà vu le volume des virements instantanés tripler.

Vers une meilleure connaissance du service et une tarification adaptée

Pour accélérer le développement du virement instantané, le CNPS a décidé de lancer une campagne de promotion du service et de mettre l’accent sur ses avantages : rapidité de mise à disposition des fonds, garantie de leur réception, mais aussi fluidification de la trésorerie pour les entreprises.

 

La faible progression du nombre de virements instantanés n’est toutefois pas uniquement liée à une méconnaissance du service. En effet, ce dernier est généralement payant, facturé en moyenne 1 euro par la majorité des banques.

Certaines néobanques optent pour la gratuité du service afin de se démarquer de la concurrence, à l’image de Memo Bank, qui propose depuis le mois de mars à ses clients d’effectuer des virements instantanés gratuitement, jusqu’à 100 000 euros par virement.

La Banque Postale, qui facturait jusqu’ici le service 80 centimes d’euros pour les clients professionnels et 70 centimes pour les particuliers, a quant à elle supprimé tous les frais liés aux virements instantanés effectués en ligne. Elle entend généraliser ce type de virement, voué à remplacer le virement SEPA classique sous certaines conditions (virement occasionnel, jusqu’à 7700 euros pour les entreprises et 1000 euros pour les particuliers).

La Banque de France a salué la décision de la Banque Postale, et espère « une convergence des tarifs entre virement standard et virement instantané », selon Julien Lasalle. Pour l’heure, un plafonnement tarifaire n’est toutefois pas envisagé.

Les autorités financières souhaitent également que les banques valorisent mieux Paylib, une solution gratuite de paiement interbancaire qui est actuellement proposée à plus de 25 millions d’utilisateurs.

En attendant, un projet de législation consacré au virement instantané (protection des utilisateurs, tarification) est en préparation à la Commission européenne, qui devrait le présenter fin 2022.